janvier 31, 2012
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janvier 25, 2012

Les journalistes, adeptes du copier-coller?

Objet de nombreux débats, le plagiat reste un sujet qui fait souvent l’actualité. Régulièrement porté sur le devant de la scène lors des rentrées littéraires, le phénomène n’épargne pas le journalisme. L’affaire Macé-Scaron, journaliste et essayiste accusé plusieurs fois d’ “emprunts” à d’autres auteurs, en est le plus récent exemple. Le phénomène existe bien sûr depuis toujours, mais le développement de la presse en ligne aurait-il accentué le développement du plagiat?


« Indéniablement oui » assure Hélène Maurel-Indart, professeur de littérature à l’Université de Tours, et auteur de l’essai Du Plagiat . « Une masse de documents de plus en plus importante est désormais à la disposition des journalistes. La facilité d’accès à toutes ces informations incite les auteurs à “se servir” dans les textes des autres, sans toujours respecter le droit à la propriété ». On pourrait alors les comprendre plus facilement, ces journalistes contraints de produire de l’information dans l’urgence et soumis à une obligation de rendement…« Par pure nécessité d’aller plus vite, le geste du copier-coller a tendance à se démultiplier » confirme Hélène Maurel-Indart.


Alors? Le net, une zone de non droit pour les auteurs? Pas si sûr, car si le tout-numérique facilite le plagiat, il offre aussi des moyens de lutte contre celui-ci. Des logiciels de détection du plagiat, comme CopyTracker, fleurissent sur la toile, et les moteurs de recherche détectent facilement l’origine d’une phrase suspecte. « On en parle aussi beaucoup car la détection est devenue plus facile » rappelle le professeur de littérature. Mais pas question pour elle de dire que « tout le monde le fait » : « Les affaires récentes en ont fait réfléchir certains, qui avaient un sentiment d’impunité. Tout cela est une question de mentalité. » Elle ajoute pour finir que comme dans tous les métiers, la désinvolture s’oppose à la conscience professionnelle.


Héloïse Rambert